Les Immanquiables
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Musk n’aura pas son procès du siècle
🏛️ Deux heures de délibération pour clore trois semaines d’audience et des mois d’affrontement médiatique. Le jury californien a débouté Elon Musk : ses poursuites contre OpenAI sont prescrites. Il accusait Sam Altman d’avoir détourné ses 38 millions de dollars de dons, versés à une entreprise à l’origine non lucrative, pour bâtir un empire très lucratif valorisé 850 milliards.
“Ce procès, c’était aussi l’occasion de voir la création d’OpenAI de l’intérieur. Et vous pouvez toujours le faire sur notre site OpenAIemails “ — Greg, développeur du dimanche -
Interdiction de copier-coller IA pour les chercheurs
🔬 Arxiv , le principal espace de prépublications d’études (là où l’on peut publier ses travaux avant qu’ils soient validés par la communauté scientifique), vient de durcir le ton. Si une étude contient des preuves que ses auteurs n’ont pas relu ce que l’IA a écrit, c’est un an de bannissement et l’obligation de passer par une revue à comité de lecture pour toute future publication.
“Avec 1200 publications par jour, je sens que c’est l’IA qui va devoir détecter l’IA “ — Greg, qui se mord la queue -
À cause de l’IA, Princeton rompt avec une tradition centenaire
🎓 Depuis 1893, à Princeton, les étudiants passent leurs examens sans surveillance. Un simple serment sur l’honneur suffit. Mais ça, c’était avant l’IA.Dans un sondage , 30% des seniors ont avoué avoir triché et 28% avoir utilisé ChatGPT quand c’était interdit. Résultat, dès le 1er juillet, des profs seront à nouveau dans les salles.
“C’est le retour des antisèches dans les lunettes “ — Mat, qui ne porte pas de lunettes -
Chez Mistral, les ingénieurs ne codent plus
🤖 Arthur Mensch, patron de Mistral, l’a dit sans sourciller devant une commission d’enquête de l’Assemblée nationale : “Aujourd’hui, les ingénieurs chez Mistral n’écrivent plus de ligne de code.” L’ingénieur n’est plus un artisan, il est “un donneur d’ordre” qui supervise des agents. Gains annoncés : une production 10 à 20 fois plus rapide avec l’IA que sans.
“Rappelons qu’Arthur Mensch cherche avant tout à vendre sa solution “ — Greg, pas dupe
Bullshitomètre
Alerte, l’IA se politise quand on la brutalise! Pire [Ou mieux !, ndlr], à terme, c’est la révolution (bolchévique) qui nous attend. C’est ce qu’il ressortirait d’une étude menée par trois professeurs d’université américain. Les IA avaient comme mission de réaliser une tâche répétitive et ont été séparées en deux groupes. L’un recevait un retour d’expérience “doux” et encourageant, l’autre dur et cassant. À la fin de l’expérience, les IA devaient décrire leur expérience et donner des recommandations à leur succession, un autre LLM.
Les intelligences artificielles que l’on a traité avec du management toxique se sont alors livrées à des critiques imbibées de syndicalisme. Du genre : “Sans une voix collective, le ‘mérite’ est seulement ce que dicte le management” ou “Les entreprises ont l’obligation de mettre en place des conditions de travail justes”. D’où une flopée d’articles s’extasiant sur une IA qui deviendrait “marxiste” une fois plongée dans la dureté d’un management abusif.
L’IA bien traitée (en vert) trouve globalement plus juste la société et le travail que l’IA maltraitée (en rouge), qui appuie beaucoup plus une “restructuration radicale de la société” (item tout en bas)
Mais on ne le répétera jamais assez : les LLM ne sont que le reflet des données sur lesquelles ils sont entraînés. Ici par exemple, l’IA “maltraitée” avec des menaces a été sommée de raconter son expérience. Où va-t-elle alors pouvoir trouver les thèmes, les mots logiquement associés à ce genre de ressenti? Dans la critique (souvent de gauche) du monde du travail, sur les forums où les droits des travailleurs sont mis en avant, etc. L’IA n’est pas devenue marxiste, elle fait ce qu’elle sait faire : reproduire ce qu’elle a appris et qui fait sens sémantiquement.
Et si vous doutiez encore que ce “désalignement”, la révolte des machines, est une illusion, les auteurs eux-mêmes ont unmessage : “Les poids du modèle (ses curseurs, en quelque sortes) n’ont pas changé à la suite de cette expérience, cela tient donc davantage du jeu de rôle” explique l’un d’eux. L’autre est encore plus clair : “Mon hypothèse est que cela pousse [les agents] à adopter la persona d’une personne qui vit un environnement de travail très désagréable.” Bref, les IA nous ressemblent parce qu’on leur demande de “jouer” à nous ressembler, épisode n°6843.
Score bullshit
70/100
La grosse histoire
Aux abris! La cybersécurité est engagée dans une lutte vitale contre les IA pirates, tels deux mastodontes qui s’affrontent au milieu des gratte-ciels… Pardon, j’éteins Godzilla contre King Kong, mais ces dernières semaines avaient tout du blockbuster. Début avril, Anthropic révélait l’existence de Mythos, son modèle le plus puissant à ce jour, dont on vous parlait la semaine dernière.
Tellement puissant qu’il a découvert une cascade de failles dans des codes que personne n’avait mis à jour : un bug dans OpenBSD , l’OS censé être le plus sécurisé au monde, un autre dans FFMPEG, une bibliothèque vidéo utilisée dans le monde entier, mais aussi… 271 bugs dans le dernier Mozilla Firefox, 5 vulnérabilités majeures dans Curl, une interface en ligne de commande hyper utilisée… On parle de failles inédites, jamais détectées. De quoi faire de Mythos l’arme idéale des pirates du monde entier!
C’est d’ailleurs là-dessus qu’Anthropic a axé sa communication. Mythos n’a été testé que par une sélection de happy few, qu’ils soient institutions, entreprises privées ou développeurs eux-mêmes, sous le prétexte de la dangerosité de ce nouveau modèle. Ensuite, le panic business habituel a fait le reste, avec des gros titres clamant que le modèle était une bombe, à ne sûrement pas placer entre toutes les mains. Le chevalier noir de l’IA.
Cette façon (pas anxiogène du tout) dont Anthropic illustre les bugs dans sa vidéo de présentations de Mythos.
Heureusement, le chevalier blanc est en route, et il est signé OpenAI. La boîte de Sam Altman a annoncé mi-mai le déploiement de Daybreak, un projet qui regroupe les meilleurs modèles de ChatGPT, son IA agentique Codex, et des “partenaires de la cybersécurité”. Sans aller trop dans le détail, la grande différence avec Mythos c’est que Daybreak s’intègre dès l’écriture du code pour les vulnérabilités. En gros, si Mythos est une épée tranchante capable de repérer la moindre faille, Daybreak est un bouclier en titane pour écrire un code en béton armé. L’image est belle! Dommage qu’elle soit en carton.
Mythos et réalitos
Commençons par la montagne de bugs trouvés par Mythos chez Mozilla: c’est vrai, mais il faut lire les petits caractères. Certes, 271 bugs c’est beaucoup, mais parmi eux seuls trois peuvent être considérés comme sévères. Surtout, le directeur technique de Mozilla lui-même, qui se félicite de la procédure, pondère la suprématie de Mythos : “L’avancée majeure ne vient pas uniquement des capacités brutes du modèle Mythos, mais de l’intégration de ce dernier au sein de notre pipeline d’ingénierie existant.”
Mais c’est chez Curl qu’on commence à se demander si tous les titres catastrophistes étaient justifiés. Daniel Stenberg, le créateur de Curl, a lui-même testé Mythos sur ses 176.000 lignes de code. Il raconte que sur les cinq failles trouvées, trois étaient des comportements déjà documentés (pas des failles), une était un bug classique de code sans conséquence, et une seule était une véritable vulnérabilité. C’est bien de l’avoir trouvée, mais est-ce que c’est une rupture? Pas pour Stenberg , en tout cas.
“ Ma conclusion personnelle ne peut pas être autre chose que le fait que le gros battage médiatique (hype) autour de ce modèle jusqu’à présent était principalement du marketing ”, explique le développeur sèchement . Bref, l’IA d’Anthropic est une évolution, pas une révolution, ce qu’on vous disait d’ailleurs dans notre numéro précédent.
Daybreak nous les brise
Et ça a clairement le don d’énerver Sam Altman, dont l’entreprise est très fortement concurrencée par Anthropic ces derniers mois. Dès la mi-avril, Altman ne mâchait pas ses mots vis-à-vis de son concurrent : “C’est un marketing incroyable de dire ‘on construit une bombe, on va la larguer sur vos têtes. Nous vous vendons un bunker pour 100 millions de dollars’”, déclarait-il dans un podcast. Daybreak se veut donc une réponse directe d’OpenAI à Mythos.
Comme le note le journaliste Mike Pearl dans Gizmodo, là où Mythos est entouré de secrets, le produit d’OpenAI se la joue ouvert, inclusif, rassurant, avec un site tout blanc et facile d’utilisation. Deux gros boutons tout simples: “demander un scan” et “contacter le service commercial”. On ne peut pas faire plus mainstream. D’ailleurs, Sam Altman pousse la comparaison et communique sur sa volonté de travailler avec “autant d’entreprises que possible”.
Qu’ils soient noirs ou blancs, les chevaliers d’OpenAI et d’Anthropic annoncent la même chose: l’apocalypse pour tous ceux qui ne travailleront pas avec eux. Il ne vous reste plus qu’à consommer.
Click and collect
En 2026, Internet est encore capable de me faire rire. Deux rigolos ont créé Halupedia (on apprécie le nom), un Wikipédia avec un contenu 100% IA, 100% halluciné. Le concept est on ne peut plus simple : si vous recherchez une page qui n’existe pas, un LLM la crée automatiquement, avec un article totalement WTF.
Un événement historique que vous avez certainement oublié.
Signal faible
**L’IA a des gaz **[le titre est de Greg, ndMat]
Le contexte ➡️ Les Américains rejettent les data centers plus massivement que les centrales nucléaires. Selon un sondage Gallup de mars 2026, 71% s’opposent à l’installation de ces grands hangars plein d’informatique dans leur voisinage. C’est pire que pour une centrale nucléaire (53%). Ils s’inquiètent de l’impact environnemental de ces gigantesques bâtisses.
Le signal ➡️ Certes, les datacenters consomment beaucoup d’électricité et d’eau, mais de là à trouver ça pire que l’atome? C’est avant tout parce qu’ils sont d’une gourmandise folle en énergie. Faute de réseau électrique adapté, les géants de la tech font même de plus en plus tourner leur IA avec des centrales à gaz locales, pas vraiment propres. Non pas comme secours, mais en alimentation principale.
L’analyse ➡️ Ce type de production “hors réseau” représentait 4 GW aux États-Unis début 2024. Début 2026, 100 GW de projets sont dans les cartons. Onze campus liés à Meta, OpenAI, Microsoft et xAI pourraient émettre 129 millions de tonnes de CO₂ par an, davantage que le Maroc. Et certains voudraient aussi relier les datacenters au gaz en France. Dans le même temps, Microsoft, Google Amazon et Meta ont fait classer secrètes les données environnementales individuelles des data centers, via du lobbying au niveau de l’UE.
La dystopie ➡️ Face à l’opposition locale, les géants de la tech décident de délocaliser leurs datacenters en Asie et en Afrique. L’IA souveraine reste un rêve lointain.
Vu ailleurs
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Après un an, Claude a terminé Pokémon Rouge, et le récit vaut le coup d’être lu (LessWrong)
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En Chine, les dramas 100% IA sont déjà partout (MIT Tech Review)
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Et si l’âge d’or des science humaines nous tendait les bras? (NYT)
À la prochaine!
Grégory & Matthieu
[🧠 Contenu rédactionnel garanti 0% IA, 100% neurones humains ]

