Les Immanquiables
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8% des entreprises ont un retour sur investissement avec lâIA
đž Le cabinet dâĂ©tudes KPMG vient de rendre son rapport annuel AI Pulse, menĂ© auprĂšs des entreprises de 20 pays, dont la France. Les chiffres disent beaucoup sur la transition actuelle : 95% des entreprises interrogĂ©es ont une âstratĂ©gie IAâ, 64% disent en tirer des âbĂ©nĂ©fices rĂ©elsâ, mais seules 8% dĂ©crivent un retour sur investissement âmesurableâ.
â Des bĂ©nĂ©fices, mais quâon ne peut pas mesurer : IA et homĂ©opathie, mĂȘme combat â â Mat, hypocondriaque -
Des dessins animés 100% IA sur Amazon Prime
đž La boĂźte de Jeff Bezos vient dâannoncer la mise en production de trois sĂ©ries animĂ©es pour enfants, qui seront disponibles sur le service de streaming Amazon Prime. On vous donne leur nom pour vous Ă©viter de perdre du temps (ou si vous ĂȘtes curieux) : Love, Diana: Music Hunters , Cupcake & Friends et Punky Duck. Pas de date annoncĂ©e encore.
â Si on ferme les yeux, câest pareil quâun vrai! â â Mat, optimiste -
âLe Chatâ de Mistral devient âVibeâ
đ€· Le français Mistral vient de dĂ©voiler un changement de nom, et avec ça de marketing : son chatbot âLe Chatâ prend dĂ©sormais le nom de son outil de code (pensez Claude Code, par exemple) pour sâappeler âVibeâ. DerriĂšre ce rebranding, Mistral veut se positionner avant tout comme un outil de travail, capable dâĂ©crire les mails, de gĂ©rer les documents, et bien sĂ»r de coder, tout cela dans une mĂȘme fenĂȘtre.
â Mistral vient de perdre son seul avantage face aux gĂ©ants US : son cĂŽtĂ© frenchy â â Greg, chauvin
BullshitomĂštre
Le premier long-mĂ©trage entiĂšrement gĂ©nĂ©rĂ© par IA a fait sa premiĂšre Ă Cannes. Le Wall Street Journal lui consacre un article admiratif : 95 minutes oĂč chaque personnage, dĂ©cor et accessoire a Ă©tĂ© construit par une IA gĂ©nĂ©rative. Sur LinkedIn , le patron de Higgsfield (la start-up dâIA qui a fait le film) Alex Mashrabov, jubile : âdepuis des dĂ©cennies, Cannes est la salle oĂč le nouveau cinĂ©ma se fait lĂ©gitimerâ.
Sauf que âHell Grindâ nâa jamais mis un pied au Festival. Pas de sĂ©lection officielle, pas de tapis rouge. Le service de presse de Cannes confirme Ă Futurism que le film ânâa pas Ă©tĂ© projetĂ© dans le cadre de la programmation officielleâ : tout au plus une âprojection tierceâ dans un cinĂ©ma de la ville, dans le cadre de ce quâon appelle le âMarchĂ© du filmâ. Le MarchĂ© est bel et bien une composante accrĂ©ditĂ©e de Cannes. Sauf que câest le bas de gamme : un endroit oĂč lâon projette nâimporte quel film moyennant finance⊠qui a par exemple accueilli le navet Sharknado.
Le plus fort, câest que le bluff a marchĂ©. Le WSJ sâest fait berner et a Ă©crit que le film Ă©tait projetĂ© au Festival de Cannes, avant de procĂ©der Ă une correction en catimini le 26 mai (dâailleurs, Mashrabov a Ă©galement modifiĂ© son post LinkedIn). Le vĂ©nĂ©rable journal nâest pas le seul Ă halluciner. Hell Grind a coĂ»tĂ© 500 000 dollars, dont 80 % pour la gĂ©nĂ©ration de vidĂ©os par IA. Et rien que pour ses 25 premiĂšres minutes, il a fallu 16 181 gĂ©nĂ©rations vidĂ©o pour 253 plans. Ca fait beaucoup de gĂąchis. Et pour un rĂ©sultat qui⊠Bon, allez, on vous donne le teaser et on vous laisse juger, chacun ses goĂ»ts.
Score bullshit
90/100
Nos amis du cabinet de recrutement Orientation Durable ont besoin de votre avis!
Si vous avez candidatĂ© pour un poste et que vous avez reçu une rĂ©ponse automatique (ou mĂȘme pas de rĂ©ponse du tout), il se peut que votre candidature ait Ă©tĂ© prise en charge par une IA.
Quâest-ce que cela vous a fait? Cette idĂ©e change-t-elle votre vision de lâentreprise que vous visiez? Racontez votre expĂ©rience enrĂ©pondant au questionnaire.
Nous vous parlerons des rĂ©sultats de cette consultation sur Hallu World đ
La grosse histoire
Il y a quelques semaines, dans notre Signal faible, on vous parlait dâUber qui avait cramĂ© tout son budget annuel de Claude Code (lâagent IA dâAnthropic) en Ă peine trois mois. On Ă©tait sĂ»r quâon vous en reparlerait. Eh bien voilĂ .
Le directeur des opĂ©rations dâUber a fini par lĂącher le morceau : justifier ces dĂ©penses pour lâIA devient âde plus en plus difficileâ. Dâun cĂŽtĂ©, ses ingĂ©nieurs faisaient tourner des agents lisant et gĂ©nĂ©rant des millions de âtokensâ. De lâautre, il a voulu voir si cela amĂ©liorait la production de ses employĂ©s. Je pense que vous devinez la suite : câest non. Et ce concept a bien Ă©videmment un nom en âingâ, comme toutes les modes : le âtokenmaxxingâ.
Le tokenmaxxing, câest la derniĂšre lubie de la Silicon Valley : brĂ»ler le plus de tokens dâIA possible pour avoir lâair dans le coup. Le token, câest lâunitĂ© que les modĂšles dĂ©coupent pour lire et Ă©crire ; facturĂ© quelques centimes le million, mais les agents IA en bouffent des milliards.
Chez Meta, Google ou JPMorgan, on sâest mĂȘme mis Ă Ă©valuer les salariĂ©s Ă lâaune de leur consommation. Amazon hĂ©bergeait mĂȘme un classement maison, KiroRank, qui notait ses ingĂ©nieurs au token prĂšs. JusquâĂ ce que la direction dĂ©cide de tout dĂ©brancher : â Sâil vous plaĂźt, nâutilisez pas lâIA juste pour utiliser lâIA.â
Le graphique ci-dessous montre lâĂ©volution de la consommation de tokens chez lâun des principaux distributeurs, OpenRouter.
Un dernier chiffre pour la route : selon EntelligenceAI, qui a passĂ© au crible lâusage de plus de 2 000 entreprises, Ă peine 18 % des tokens dĂ©pensĂ©s finissent dans du code vraiment utilisĂ©. Le reste part en fumĂ©e, ou en tout cas pas dans le boulot.
Un directeur technique confiait par exemple Ă Axios que ses employĂ©s sollicitaient des modĂšles haut de gamme pour⊠consulter la mĂ©tĂ©o. Matan Grinberg, fondateur dâune startup dâagent IA, rĂ©sume le problĂšme dâune formule : â Si votre fille a besoin dâun soutien en algĂšbre, vous trouverez sans doute quelquâun de moins cher quâAlbert Einstein.â
La douloureuse
Et justement, la note est arrivĂ©e. Anthropic, dont le produit Claude Code a propulsĂ© le chiffre dâaffaires annualisĂ© Ă 30 milliards de dollars, vient de changer ses rĂšgles pour les grandes entreprises : fini le forfait Ă 200 dollars par utilisateur, place Ă 20 dollars de base, plus la consommation rĂ©elle. Pour les plus gourmands, ça veut dire une facture qui explose. Microsoft, pourtant devenu lâun des principaux clients dâAnthropic, dĂ©branche la plupart de ses licences Claude Code dâici fin juin. Une dĂ©cision âfinanciĂšreâ autant que stratĂ©gique (ils produisent Copilot, un agent concurrent), glissent des sources internes.
Ă lâheure oĂč Anthropic, OpenAI et SpaceX prĂ©parent leur entrĂ©e en bourse, cette mise Ă la diĂšte de tokens pourrait avoir des effets sur la croissance de leurs revenus. Et donc sur le retour sur investissements de tous ces gens qui ont investi des milliards avec la promesse dâune croissance exponentielle. Tout ça nâest pas de nature Ă arrĂȘter la rĂ©volution provoquĂ©e par lâIA, mais suffira peut-ĂȘtre Ă dĂ©gonfler une possible bulle.
Click and collect
Ăa fait les gros titres aux Ătats-Unis. Lâavocate amĂ©ricaine Erin Brockovich (oui, celle du film) a lancĂ© une carte participative des Data Centers aux Ătats-Unis pour aider la population Ă lutter contre leur dĂ©ploiement sans concertation.
Lâinitiative existe aussi en France : cela sâappelle le nuage Ă©tait sous nos pieds , un site qui cartographie les data centers existants, ceux Ă construire, ceux Ă venir⊠Un projet dâutilitĂ© publique.
Signal faible
Le contexte âĄïž Lâatout le plus mis en avant de lâIA, celui qui lâa rendue inĂ©vitable en quelques annĂ©es dans presque toutes les entreprises, câest le gain de temps quâelle permettrait. Automatiser des procĂ©dures, ou demander au LLM de rĂ©flĂ©chir pour nous, câest du temps que lâon rĂ©cupĂšre pour autre chose.
Le signal âĄïž Une Ă©tude menĂ©e par des chercheurs amĂ©ricains (de Stanford et du MIT, entre autres) sâest penchĂ©e sur le temps que lâon gagne rĂ©ellement Ă confier notre travail Ă une IA, contre celui que lâon pense gagner. Les rĂ©sultats sont Ă©difiants : en moyenne, les participants ont pensĂ© gagner 56 secondes par tĂąche quâils ont dĂ©lĂ©guĂ©e Ă lâintelligence artificielle⊠quand ils nâen ont gagnĂ© que 7,5.
Lâanalyse âĄïž Cette diffĂ©rence sâexpliquerait par notre soulagement : lorsque lâon confie son travail Ă une machine, cela nous allĂšge lâesprit, et nous lâinterprĂ©tons comme du temps gagnĂ©. Y compris quand ce nâest pas du tout le cas : demander une tĂąche simple, comme Ă©crire un mail, Ă une IA peut nous prendre plus de temps que de lâĂ©crire nous-mĂȘmes. Il faut rĂ©diger le prompt et, surtout, relire.
La dystopie âĄïž Tous vos emails sont Ă©crits automatiquement par une IA, mais vous lisez cinq fois plus votre boite mail quâavant. Vous ne gagnez pas de temps, votre travail nâest pas plus intĂ©ressant. On appelle ça le progrĂšs.
Vu ailleurs
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Si jamais la crise de lâIA arrive, câest le monde entier (et pas seulement la tech) qui sâeffondre (Znetwork)
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Depuis la fin des annĂ©es 2010, on devient tous idiots, merci lâIA, mais pas que (Futurism)
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La nouvelle mode ? Glisser des fautes de frappe dans les textes pour montrer quâon nâest pas une IA (The Atlantic)
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Le journalisme reçoit en pleine face la vague de lâIA, mais il a des atouts sur lesquels miser (Le Grand Continent)
Ă la prochaine!
Grégory & Matthieu
[đ§ Contenu rĂ©dactionnel garanti 0% IA, 100% neurones humains ]


