
Le 29 juin, les éditeurs de presse français ont reçu un courrier de Google. Révélé par Ouest-France , il annonce que d’ici au 23 septembre, les Aperçus IA (AI Overviews) débarquent en France, flanqués du Mode IA, la version chatbot du moteur de recherche. Concrètement, quand vous taperez une requête dans Google, un pavé rédigé par Gemini s’installera en haut de vos résultats, avant les liens.
Plus de 120 pays y ont déjà droit depuis deux ans, et la France arrive parmi les tout derniers. On peut comprendre que Google ait pris son temps : le droit voisin, cette loi qui oblige les plateformes à rémunérer la presse, lui a déjà valu 250 millions d’euros d’amende. Notamment pour avoir entraîné son IA sur les contenus des journaux sans prévenir personne.
Soyons honnêtes : une synthèse qui répond directement à votre question, c’est souvent pratique, et on comprend que des utilisateurs en soient friands. Le souci, c’est que personne ne vous demandera votre avis. La page d’aide de Google est limpide : les Aperçus IA sont une “fonctionnalité de base” de la recherche, et une fonctionnalité de base ne se désactive pas.
Des hallucinations dans vos recherches
En plus, le résumé dit parfois n’importe quoi. En janvier, une enquête du Guardian montrait qu’AI Overviews délirait sur des questions de santé, du genre “Quelles sont les bonnes valeurs pour un bilan hépatique sanguin?”. Google a discrètement coupé les réponses médicales dans la foulée (on vous en parlait). En juin, rebelote , devant la justice cette fois : un tribunal de Munich a jugé que ces résumés étaient les propres mots de Google, qui deviendrait donc juridiquement responsable des fake news qu’ils propagent.
Reste le problème le plus profond : quand Google répond à votre place, plus personne ne clique sur la source de la réponse. Aux États-Unis, moins d’un tiers des recherches Google aboutissent encore à un clic, et quand un Aperçu IA s’affiche, le taux de clic fond de près de 60%. Début juin, au congrès mondial des médias à Marseille, Arthur Gregg Sulzberger, le patron du New York Times , a parlé d’“un vol sans scrupule”: “Ils se réapproprient ces contenus volés comme s’ils en étaient les auteurs, détournant ainsi l’audience et les revenus des sites d’information.”
Le directeur de Google France, Sébastien Missoffe, assume la philosophie du produit dans Ouest-France : offrir le meilleur de Gemini et du moteur de recherche “sans obliger l’utilisateur à passer d’un site à l’autre”. Les sites en question apprécieront. Quant à la rémunération promise au titre du droit voisin, le critère vaut le détour: les 450 éditeurs (presse, agences de youtubeurs, forums…) concernés seront payés pour leurs contenus… “survolés” par les utilisateurs.
On vous présente Hallu Block
Cet article aurait pu s’arrêter là. À la place, on a fabriqué l’antidote : Hallu Block , une extension Chrome qui masque l’IA qu’on vous impose. Les Aperçus IA de Google, donc, mais aussi Copilot dans Bing, le bouton “Ask” de YouTube, les résumés d’avis d’Amazon, l’assistant de DuckDuckGo… En bonus, un filtre “anti-slop” écarte des résultats les sites au contenu généré par IA (via une liste communautaire ouverte). Nous avons aussi rajouté la possibilité de basculer Google en “mode classique”. Des liens, rien que des liens.
Cette extension (limitée à Chrome pour le moment) est gratuite, libre et 100% locale: le code est public, aucune donnée ne sort de votre navigateur, on ne collecte rien. L’ironie de l’histoire, c’est qu’elle a été créée grâce à l’IA.
Cette extension tient en une ligne, la nôtre depuis le premier numéro: qu’on aime ou pas l’IA, on n’a pas envie qu’elle envahisse nos vies par défaut, sans vérification et sans notre accord.
D’ailleurs, si les résumés de Gemini vous plaisent, chaque filtre de Hallu Block a son interrupteur: un clic, et ils reviennent. C’est vous qui voyez!