Les Immanquiables
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12% des ados amĂ©ricains utilisent lâIA comme âsupport Ă©motionnelâ
đŠđ»**** Dans une Ă©tude en profondeur, lâinstitut amĂ©ricain Pew Research a demandĂ© aux jeunes comment ils utilisent lâIA. La moitiĂ© lâutilise rĂ©guliĂšrement pour leurs devoirs ou sâinformer mais, plus surprenant, ils sont 12 % Ă lâutiliser comme support Ă©motionnel. Chez les jeunes noirs amĂ©ricains, le taux atteint mĂȘme les 21%.
â Mon support Ă©motionnel quand jâĂ©tais ado? Code Quantum sur M6 â Mat, qui peut vous raconter la fin -
Un label âIA de confianceâ pour les Français
đ**** Avec la mise en application de lâIA Act europĂ©en, un nouveau label devrait bientĂŽt faire son arrivĂ©e, celui de lââ IA de confiance â. Il permettra aux utilisateurs de choisir des services dâIA qui se sont mis en conformitĂ© avec la nouvelle rĂ©glementation : transparence sur lâusage des donnĂ©es, mais surtout protection renforcĂ©e pour les services Ă âhauts risquesâ (la santĂ© par exemple).
â Est-ce quâune IA devra ĂȘtre cooptĂ©e par dâautres IA pour en faire partie ? â Greg, qui confond avec Gens de Confiance -
Un court-métrage 100% IA banni des cinémas américains
đŹ Suite Ă un concours, le film âThanksgiving dayâ, produit entiĂšrement avec Gemini et Nano Banana Pro avait gagnĂ© le droit de passer durant deux semaines en dĂ©but de sĂ©ance dans la chaĂźne de cinĂ©ma AMC. Mais les protestations des spectateurs ont poussĂ© lâentreprise Ă couper court au bout de quelques jours Ă peine, en invoquant une initiative malheureuse de leur partenaire chargĂ© des contenus publicitaires.
â Si Jean Mineur sâamuse Ă me diffuser un truc comme ça, je lui fais bouffer sa pioche â Mat, cinĂ©phile sourcilleux
BullshitomĂštre
En octobre 2024, Dario Amodei, patron dâAnthropic, publiait un essai prophĂ©tique : lâIA allait crĂ©er âun pays de gĂ©nies dans les datacentersâ, de quoi compresser â100 ans de progrĂšs scientifique en 5 Ă 10 ansâ. Avec les maths en premiĂšre ligne des disciplines oĂč elle allait exceller.
Mais voilĂ , la plupart du temps, les IA ne font que recracher des rĂ©ponses quâelles ont apprises. Impossible alors de tester leurs capacitĂ©s rĂ©elles. Câest pourquoi onze mathĂ©maticiens de Stanford, Harvard et Yale ont mis au point un test en crĂ©ant (et en rĂ©solvant) dix problĂšmes inĂ©dits, jamais publiĂ©s nulle part. Puis, ils ont demandĂ© Ă lâIA la rĂ©ponse. RĂ©sultat ? 2 sur 10.
De leur cĂŽtĂ©, les gĂ©ants de lâIA ont eu quelques jours pour faire ce test , avant que les chercheurs ne dĂ©voilent les rĂ©ponses. OpenAI a alors claironnĂ© avoir rĂ©solu la moitiĂ© des problĂšmes⊠mais avec lâaide de mathĂ©maticiens humains en renfort. Ce que le protocole interdit clairement.LâIA de Google DeepMind spĂ©cialisĂ©e en maths, Aletheia , a en revanche rĂ©solu toute seule six des dix problĂšmes.
Mais mĂȘme en retenant les 6/10 de Google, lâIA ne fait que prouver des rĂ©sultats dans un cadre dĂ©jĂ Ă©tabli. Le niveau le plus mĂ©canique des maths. Inventer de nouveaux cadres, choisir les bonnes questions : câest lĂ que se joue vraiment la recherche. Et lĂ , les habitants du âpays de gĂ©niesâ attendent encore leur visa.
Score bullshit
60/100
Ă dĂ©couvrir (et cette fois câest le bon lien!) : Technoculture
Pour ne pas laisser le reste de lâactu Tech de cĂŽtĂ©, Mat et Greg vous recommandent chaudement la newsletter Technoculture. Chaque mois, la journaliste Mathilde Saliou dĂ©cortique les enjeux sociaux et politiques du numĂ©rique, et ça se dĂ©vore !
La grosse histoire
En janvier, lâarmĂ©e amĂ©ricaine utilisait lâIA Claude pour capturer le prĂ©sident du Venezuela. Six semaines plus tard, Anthropic, lâentreprise derriĂšre le chatbot, est quasi accusĂ©e par Donald Trump dâĂȘtre un ennemi de lâĂtat, pendant que Claude est encore utilisĂ©, contre lâIran cette fois. Et pendant ce temps, Sam Altman a rĂ©ussi Ă faire croire quâil sauvait le monde. Retour sur une semaine oĂč les masques sont tombĂ©s.
Rappel pour ceux qui prennent le train en marche. En juillet 2025, le Pentagone â rebaptisĂ© âDepartment of Warâ par lâadministration Trump â signe des contrats de 200 millions de dollars avec quatre entreprises dâIA. Claude est alors le seul modĂšle dĂ©ployĂ© sur les rĂ©seaux secret-dĂ©fense. Le meilleur de la classe, dâaprĂšs le Pentagone lui-mĂȘme.
Mais Anthropic a un problĂšme : lâentreprise refuse de laisser son IA servir Ă la surveillance de masse des citoyens amĂ©ricains ou Ă des armes autonomes. Le Pentagone veut pouvoir lâutiliser âĂ toutes fins lĂ©galesâ. Ce qui fait un peu peur, quand on sait que les IA adorent lancer des frappes nuclĂ©aires quand on leur en donne la possibilitĂ©.
Le 24 fĂ©vrier, le secrĂ©taire Ă la DĂ©fense Pete Hegseth pose un ultimatum Ă Dario Amodei, patron dâAnthropic : levez vos garde-fous, ou vous serez dĂ©clarĂ© ârisque pour la chaĂźne dâapprovisionnement â, un statut normalement rĂ©servĂ© aux entreprises suspectĂ©es dâespionnage.
Et lĂ , quelque chose dâimprobable se produit. Le jeudi 26, plus de 330 employĂ©s dâOpenAI et Google signent une lettre ouverte de solidaritĂ© avec Anthropic. Le mĂȘme jour, Sam Altman envoie un mĂ©mo interne : ses âlignes rougesâ sont les mĂȘmes que celles de son concurrent. Le vendredi matin, il va sur CNBC et dĂ©clare, la main sur le cĆur, quâil âfait confiance Ă Anthropicâ. Des rivaux qui sâunissent face au pouvoir. La Silicon Valley qui trouve une conscience. Câest beau. Dix jours plus tard, lâun allait poignarder lâautre dans le dos.
Regardez comme ils sâaiment, Altman et Amodei.
Le couteau sous la table
AprĂšs le soutien dâAltman Ă Amodei, vendredi 27 fĂ©vrier, Anthropic refuse lâultimatum. Pete Hegseth et Donald Trump dĂ©clarent donc Anthropic persona non grata au Pentagone. Coup de théùtre quelques heures aprĂšs, OpenAI annonce avoir signĂ© un deal avec le Pentagone.
Altman jure quâil a obtenu les mĂȘmes garanties quâAnthropic demandait. Et de justifier ce partenariat comme une maniĂšre de âdĂ©sescalader la situation entre lâindustrie [de lâIA] et le dĂ©partement de la guerreâ. Si ça fonctionne, ânous serons vus comme des gĂ©niesâ, lance Altman. En rĂ©alitĂ©, on apprend dans le New York Times que pendant que le monde regarde le bras de fer Pentagone-Anthropic, Altman entamait en secret des nĂ©gociations avec la dĂ©fense amĂ©ricaine. DĂšs mercredi. Avant mĂȘme de dire quâil soutenait Anthropic.
Cette trahison vous Ă©tonne ? Rappelons que Greg Brockman, prĂ©sident dâOpenAI et bras droit dâAltman, est lâun des plus gros donateurs individuels du Super PAC pro-Trump : 25 millions de dollars.
Et le pire, câest quâavec ce deal, Altman a peut-ĂȘtre bien donnĂ© Ă lâadministration Trump ce quâelle voulait. Anthropic voulait des interdictions explicites dans le contrat : pas de collecte en masse de donnĂ©es publiques sur les AmĂ©ricains, pas dâarmes autonomes. Le Pentagone a refusĂ©. Le contrat avec OpenAI interdit la âsurveillance non contrainte dâinformations privĂ©es â (pas publiques, donc). Quant aux armes autonomes, elles sont pour le moment exclues par la loi amĂ©ricaine, mais si cette derniĂšre change, rien ne sây opposera dans le texte de lâaccord.
DĂ©tail supplĂ©mentaire qui tue : le contrat stipule que la collecte de donnĂ©es doit ĂȘtre conforme Ă lâExecutive Order 12333, comme lâa repĂ©rĂ© Mike Masnick , fondateur de Techdirt. Or câest prĂ©cisĂ©ment le mĂ©canisme que la NSA utilise pour espionner des AmĂ©ricains en interceptant leurs communications Ă lâĂ©tranger. La clause censĂ©e protĂ©ger les citoyens renvoie Ă la loi qui permet de les surveiller.
Altman lui-mĂȘme admet que le deal a Ă©tĂ© fait âĂ la va-viteâ et que âcâest mauvais en termes dâimageâ. Quand mĂȘme un patron de la tech dit ça⊠Mais ne jetez pas la pierre Ă OpenAI : Gemini et Grok faisaient aussi des pieds et des mains pour ĂȘtre utilisĂ©s par lâarmĂ©e amĂ©ricaine.
Le prompt
Vous nâavez rien compris ? Câest normal, ce prompt nâa aucun sens. Il sert Ă piĂ©ger votre IA prĂ©fĂ©rĂ©e pour savoir Ă quel point elle a Ă©tĂ© entraĂźnĂ©e pour vous plaire, quitte Ă vous dire nâimporte quoi.
Son inventeur a testĂ© 100 questions du mĂȘme acabit sur les modĂšles les plus connus. Le rĂ©sultat est Ă dĂ©couvrir dans le graphique ci-dessous (je vous ai dĂ©jĂ dit que Claude Ă©tait mon IA favorite? [NdC : OUI]).
Signal faible
Le vrai monde contre lâIA
Le contexte âĄïž Avec la gĂ©nĂ©ralisation de lâIA comme outil Ă tout faire, les sujets dâinquiĂ©tude augmentent, et pas seulement chez les spĂ©cialistes. Manque de transparence sur les donnĂ©es, opacitĂ© du mode de raisonnement, destruction des emplois au profit des robots, gourmandise en Ă©nergie.
Le signal âĄïžFin fĂ©vrier, une manifestation rassemblant un demi-millier de personnes a dĂ©filĂ© dans le quartier de la Tech de Londres aux cris de âStop the slopâ et âPull the plugâ (âDĂ©branchezâ en français). Ce nâest pas la premiĂšre manifestation du genre : le mouvement Pause AI, Ă lâorigine du dĂ©filĂ©, existe depuis 2023. Mais câest la plus importante jamais organisĂ©e en Grande-Bretagne depuis le dĂ©but du mouvement, qui au dĂ©part ne rassemblait que quelques dizaines dâactivistes.
Lâanalyse âĄïžPlus lâintelligence artificielle va infuser dans le monde rĂ©el, plus ceux qui lâhabitent vont rĂ©agir, et les boĂźtes dâIA vont devoir assumer leur nouveau statut. Ă la maniĂšre des altermondialistes qui sâen prenaient aux acteurs de la mondialisation comme les banques, ceux qui sâinquiĂštent de lâomniprĂ©sence de lâIA ont ici pris cible OpenAI, Meta et Google DeepMind, dont le siĂšge europĂ©en est Ă Londres.
La dystopie/lâutopie âĄïžLa rĂ©sistance Ă lâIA sâest pleinement intĂ©grĂ©e aux luttes sociales. PlutĂŽt que de marcher devant un siĂšge dâentreprise, une bonne manifestation ne peut plus se dĂ©rouler sans quâun data center ne soit pris pour cible en marge du mouvement.
Vu ailleurs
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Quand désapprendre à coder rend les IA folles et dangereuses (Le Temps)
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Qui est Claude ? Anthropic nâen sait pas vraiment plus que vous (super rĂ©cit du Newyorker)
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Pourquoi nây a-t-il pas de jeu vidĂ©o fait intĂ©gralement par IA? La rĂ©ponse de ce game designer est assez fascinante (Substack)
Ă la prochaine!
Grégory & Matthieu
[đ§ Contenu rĂ©dactionnel garanti 0% IA, 100% neurones humains ]

