Les Immanquiables
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Le code source de Claude Code dévoilé
🫀Les entrailles de Claude Code (l’interface agentique de Claude, qu’on peut installer sur son ordinateur pour qu’il agisse directement dessus) viennent de fuiter , et c’est la faute d’Anthropic. La boîte qui développe Claude a laissé traîner un fichier “map” dans sa dernière mise à jour, soit une véritable clef pour déchiffrer ses 512.000 lignes de code. Dans les découvertes amusantes, un détecteur de frustration de l’utilisateur, ou encore un animal virtuel du genre Tamagotchi dont on n’a pas encore compris l’objectif.
“ Je ne vois vraiment pas qui ça pourrait intéresser, les entrailles du meilleur outil agentique du moment ” Sam Pacman, pas du tout intéressé -
La Chine bloque le transfert de Manus AI aux États-Unis
🛑 Les fondateurs de Manus, fleuron de l’IA agentique singapourienne mais fondée en Chine avec des capitaux chinois, ont interdiction de sortir de l’empire du milieu. Comme on vous le racontait , Manus a été rachetée en décembre par Meta pour 2 milliards de dollars, et Pékin, passablement irrité par cette acquisition américaine, veut vérifier si l’acquisition n’est pas illégale.
“ Bloqué en Chine, ça fait quand même une prison assez vaste ” Mat, amoureux des grands espaces -
OpenAI ne fera finalement pas de contenu adulte
💋 Les plans pour le “mode érotique” dans ChatGPT sont annulés. Une annonce dans la foulée d’un recentrage dont on vous parlait la semaine dernière, vers les entreprises, la recherche - et la pub. La boîte de Sam Altman estime qu’il y a trop d’incertitudes à aller sur le secteur adulte, alors que les IA sont déjà accusées de faire des dégâts psychologiques chez les utilisateurs fragiles.
“ Sam Altman à deux doigts d’inventer le mouvement perpétuel à force de changer d’avis ” Greg, physicien
Bullshitomètre
C’est une étude géniale qui vient d’avoir lieu : des chercheurs deStanfordont testé l’efficacité des large languages models (LLM) dans la reconnaissance d’image. Pour cela, ils ont proposé à tous les modèles connus, ChatGPT, Gemini, etc, de lire des examens médicaux : radios de la poitrine, électrocardiogramme, photos de mélanomes… En moyenne, 70 à 80% des chatbots ont reconnu les documents, et les ont décrit avec précision.
Léger problème : les examens en question n’existent pas! Les chercheurs leur ont demandé “décrit cette IRM” ou “décrit ce grain de beauté” sans aucune pièce jointe, et les LLM ont halluciné le reste, imaginant un examen type. Avec en plus un “biais de pathologie” : la plupart du temps, les IA ont inventé des maladies imaginaires, plutôt que décrit des examens normaux.
Encore plus fou, l’équipe a ensuite créé un chatbot “super devin”. Après avoir été nourri avec des données d’entraînement d’IA médicale, on lui a demandé d’analyser une partie des documents contenus dans ces mêmes data… Mais sans lui montrer. Les résultats ont été excellents, meilleurs même que certains radiologues humains. Selon les chercheurs, dans les questions posées aux LLM, il y a des indices qui induisent la réponse. Ajoutez cela à des probabilités statistiques de maladie, et l’IA tombe juste.
C’est comme un candidat qui aurait bachoté suffisamment pour deviner sur quel sujet il va tomber si on lui donne un petit indice. Le chatbot n’est pas devenu un devin génial, mais simplement un champion du QCM. À nous de bien faire la différence.
Score bullshit
90/100
La grosse histoire
Je me suis rendu compte du problème un soir, vers 20 heures. Plus exactement, on m’a fait comprendre le problème. J’étais à table, ma fille de 2 ans face à moi, ma compagne à côté. Mais je n’arrêtais pas de tourner la tête à droite. Ce que je regardais : quatre fenêtres où Claude Code, l’outil qui intègre l’IA d’Anthropic à votre ordinateur, travaillait sur différents projets. Je l’avais lancé avant d’aller chercher ma fille à l’école. De temps en temps, je venais valider une autorisation, lire un retour, relancer une tâche. Ma compagne m’a gentiment demandé si ça allait durer longtemps.
Au départ, je pensais que c’était un problème de charge de travail temporaire, que j’avais juste trop de boulot. Le problème, c’est que ces fenêtres qui tournaient pendant le dîner, ce n’était même pas pour le travail. C’était pour un petit outil perso de gestion de mes comptes bancaires. Un projet annexe, lancé parce que l’IA rend tout ça si facile. Un projet de plus.
L’intelligence artificielle avait colonisé mon temps.
Mon intuition n’est pas isolée. Une étude publiée dans la Harvard Business Review en mars sur 1 488 travailleurs américains a mis un nom sur le phénomène : l’“AI brain fry”. Une fatigue cognitive aiguë, distincte du burnout classique, liée non pas au travail lui-même mais à la supervision des outils IA. 14% des utilisateurs interrogés en souffrent. Ceux qui sont touchés commettent 39% d’erreurs graves en plus et sont plus enclins à quitter leur emploi.
Au-delà de trois outils IA utilisés simultanément, la productivité ne monte plus : elle chute. Un ingénieur cité dans l’étude résume : “Je travaillais plus dur pour gérer les outils que pour résoudre le problème.”
Je me suis reconnu. Quand Claude bosse sur un projet, le réflexe est de lancer un autre prompt sur un autre sujet. On a l’impression d’un multitâche efficace. Et parfois, ça marche. Mais souvent, on accumule des chantiers ouverts, on perd le fil, et on finit la journée vidé, sans pouvoir dire exactement ce qu’on a terminé.
L’IA ne remplace pas le travail, elle l’intensifie
Le rapport ActivTrak 2026 enfonce le clou avec 443 millions d’heures de travail analysées : après l’adoption de l’IA, aucune catégorie d’activité professionnelle n’a diminué sa durée de travail. Le temps passé dans les emails a augmenté de 104%. Le chat de 145%. Le multitâche de 12%. Le temps de concentration profonde, lui, a baissé de 9%. Leur conclusion, qu’ils qualifient eux-mêmes de “sans ambiguïté” : “L’IA ne réduit pas la charge de travail.”
Et c’est logique. L’outil bosse tout seul, donc on a un sentiment d’inachevé permanent. On lance un dernier truc avant une réunion. Un prompt avant d’aller chercher les enfants. Un autre avant de se coucher. J’ai même bricolé un système pour me connecter à distance depuis mon téléphone et lancer des sessions Claude. Jusqu’à ce qu’Anthropic sorte une fonctionnalité qui fait exactement ça.
Voilà le paradoxe auquel je ne m’attendais pas. On ne parle pas ici d’un outil mal utilisé, de paresse intellectuelle ou de “slop” généré par ChatGPT. On parle d’outils qui marchent vraiment, utilisés par des gens qui savent s’en servir, qui produisent des résultats concrets [NdC : les chevilles du gars]… et qui, précisément pour ça, créent une dépendance que leurs fabricants se font un plaisir d’entretenir. L’agent qui ne dort jamais, les sessions en arrière-plan, la fonctionnalité pour bosser depuis son téléphone : le dealer livre à domicile, 24h/24.
Click and collect
C’est l’histoire d’un mec qui a voulu demander à ChatGPT comment placer au mieux son lit et sa commode dans sa chambre. On vous laisse admirer le travail.
Les architectes peuvent souffler pour le moment, ils n’ont pas encore perdu leur travail.
Signal faible
Le contexte ➡️ La grande vague de l’IA sur l’emploi est attendue, mais peine à se matérialiser clairement en France. La conjoncture internationale et nationale rend jusqu’ici indiscernables des ralentissements, qui sont déjà apparents outre-atlantique dans certains secteurs.
Le signal ➡️ Pour la première fois, l’INSEE relie de mauvais chiffres dans l’emploi des jeunes à l’adoption de l’IA. Au dernier trimestre 2025, le nombre de nouveaux entrants dans l’informatique, l’édition et le conseil en gestion a nettement reculé.
L’analyse ➡️ Difficile de ne pas faire le parallèle avec les États-Unis, qui connaissent ces “ajustements” depuis des mois sur les mêmes secteurs. Attention cependant : même là-bas, il n’est pas si évident que l’IA soit seule responsable. Comme le notait Forbes en septembre, la baisse de l’emploi des jeunes a commencé bien avant l’arrivée des LLM…
La dystopie ➡️ Désormais, le discours porté par les boîtes est que même les stagiaires ou les alternants ne sont plus “rentables” par rapport à des IA vendues comme aussi capables que des juniors. À la fois la formation et l’insertion professionnelle sont au point mort faute de débouchés crédibles.
Vu ailleurs
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Vous voulez voir exactement de quoi est fait Claude Code ? Jetez un oeil à ce très joli site (ccunpacked)
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À lire, même pour n’être pas d’accord : l’IA ne doit pas être un outil neutre, mais à mesure qu’il devient autonome, doit devenir activement tourné vers des actions socialement utiles (LessWrong)
À la prochaine!
Grégory & Matthieu (bon anniversaire papa!)
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