Les Immanquiables
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LâEstonie va crĂ©er une carte dâidentitĂ© pour les agents IA
đ Les agents IA, qui sont capables dâinteragir de maniĂšre autonome avec leur environnement, vont se voir attribuer une âidentitĂ© numĂ©rique â en Estonie. Une premiĂšre mondiale qui doit permettre de suivre Ă la trace les actions de tous ces agents autonomes, quâils soient dĂ©ployĂ©s dans les services publics ou dans le privĂ©.
â Sinon on leur donne des noms : Al Capone sera lâagent IA qui sâoccupe de votre dossier Ă la SĂ©curitĂ© sociale, on retient bien je trouve â â Mat, Ă enfermer -
Dans la santé, les IA généralistes meilleures que les spécialisées
đ©ș Des chercheurs new-yorkais ont testĂ© les derniers modĂšles dâIA (comme Claude Opus 4.6) sur plus de mille questions mĂ©dicales: cas pratiques, thĂ©orie, alignement sur les protocoles en vigueur⊠Et les rĂ©sultats sont sans appel. Ils dĂ©passent mĂȘme les IA spĂ©cialisĂ©es sur la mĂ©decine, jugĂ©es trop limitĂ©es dans leur fonctionnement et manquant dâagilitĂ© face aux modĂšles gĂ©nĂ©ralistes.
â Vachement humiliant pour les IA mĂ©dicales, jâespĂšre quâelles ont des copains IA psys â â Greg, empathique -
La sortie de ChatGPT 5.6 freinĂ©e par lâadministration amĂ©ricaine
đșđČ Les nouveaux modĂšles dâOpenAI sont arrivĂ©s, mais ils ne sont pas (encore) pour vous. ChatGPT 5.6 Sol, Terra et Luna â du plus au moins puissant â ne sont pour lâinstant disponibles que pour quelques happy few. Ce filtrage fait suite Ă une requĂȘte du gouvernement amĂ©ricain, inquiet de la puissance dâun modĂšle jugĂ© comparable au fameux Mythos dâAnthropic⊠â Pendant ce temps, aucun modĂšle de Mistral nâest encadrĂ© car il est trop puissant, je dis ça, je dis rien â â Greg, narquois -
Un LLM open source fait aussi bien que Mythos
đšđł Les sueurs froides continuent pour le gouvernement amĂ©ricain. Cette fois, câest le chinois Z.ai qui annonce avoir atteint des performances comparables sur la cybersĂ©curitĂ© Ă Claude Mythos, le modĂšle dâAnthropic qui a tant fait parler de lui ces derniĂšres semaines. Leur LLM, GLM 5.2, serait notamment un champion dans la dĂ©couverte de failles informatiques. Et pour ne rien gĂącher : il est open source.
â Finalement ils peuvent se le garder leur Mythos, les AmĂ©ricains, il est nul de toute façon â â Mat, boudeur
BullshitomĂštre
Câest une histoire qui fait chaud Ă nos petits cĆurs : aprĂšs presque deux dĂ©cennies au fond du trou, Ford vient de remonter tout en haut du barĂšme J.D. Power Initial Quality Study , la rĂ©fĂ©rence amĂ©ricaine sur la qualitĂ© des vĂ©hicules. Tout ça, explique Charles Poon , le vice-prĂ©sident du groupe, grĂące Ă une marche arriĂšre. Depuis trois ans, le groupe rĂ©embauche les ingĂ©nieurs expĂ©rimentĂ©s quâil avait virĂ©s pour les remplacer par de lâIA.
âCes derniĂšres annĂ©es, nous nâavons pas prĂȘtĂ© autant dâattention que nous aurions dĂ» Ă lâexpĂ©rience de nos ingĂ©nieurs les plus compĂ©tentsâ , explique notre homme dans un mea culpa satisfait. Ford a donc fait revenir plus de 300 âvĂ©tĂ©ransâ, avec pour consĂ©quence un bond qualitatif pour les nouvelles voitures produites. Morale de lâhistoire : apprenant de ses erreurs, la grosse boĂźte a fait le choix de lâhumain au dĂ©triment de lâIA, pour un meilleur produit et des consommateurs satisfaits. Win-win, on vous dit.
Sauf quâil vaut mieux lire les petits caractĂšres: nos chers vieux ingĂ©nieurs nâont pas Ă©tĂ© rĂ©embauchĂ©s en CDI. Ils vont bosser le temps âdâentraĂźner les Ă©quipes plus jeunes et de reprogrammer les outils dâintelligence artificielle qui ne faisaient pas bien le boulotâ, rĂ©vĂšle dans le mĂȘme article Bloomberg. En rĂ©alitĂ©, lâhumain est de retour, mais juste le temps de resserrer les boulons de la machine dont les tĂąches Ă©taient programmĂ©es Ă la va-vite.
Câest dâailleurs ce qui se passe un peu partout. Comme le montrent ces vidĂ©os, surtout venues dâInde, oĂč lâon voit des ouvriers, camĂ©ra sur la tĂȘte, âapprendreâ leurs gestes Ă des IA programmĂ©es pour les remplacer. Alors on est contents pour les ingĂ©nieurs qui vont gratter quelques mois de salaire en plus, mais nâallons pas en faire un conte de fĂ©es.
Score bullshit
65/100
La grosse histoire
De plus en plus dâadolescents racontent leurs angoisses Ă une intelligence artificielle comme on se confie Ă un ami. Le rĂ©flexe a de quoi inquiĂ©ter, mais il en dit sans doute davantage sur nous que sur eux. On en discute avec GrĂ©goire Borst , professeur de psychologie du dĂ©veloppement de lâenfant et de lâadolescent Ă lâUniversitĂ© Paris CitĂ© et auteur de âFaut-il interdire les rĂ©seaux sociaux aux jeunes?â.
Pourquoi un ado se confie-t-il Ă une IA plutĂŽt quâĂ un humain ?
Parce que, dans nos sociĂ©tĂ©s, la parole de lâadolescent ne trouve plus dâoreille : personne pour lâĂ©couter, personne pour accueillir ce quâil a Ă dire. Ă cela sâajoute lâinĂ©galitĂ© sociale, qui resurgit jusque dans lâintime. Dans les milieux favorisĂ©s, on consulte un psy. Ailleurs, oĂč le rapport Ă la psychologie est plus lointain, on se tourne vers ces systĂšmes. Ils ont lâapparence de ne pas juger, de nâavoir aucune intention et, surtout, ils rĂ©pondent. Ce ne sont dâailleurs pas les plus petits, mais bien les ados qui investissent ces compagnons: câest lâĂąge oĂč lâon a le plus besoin dâĂȘtre entendu, et le moins dâendroits pour lâĂȘtre.
Justement, cette écoute, elle vaut quoi ?
Pas grand-chose, sur le fond. Ces outils sont formidablement programmĂ©s pour vous renvoyer ce que vous voulez entendre : âmais oui, tu as raisonâ. Ăa donne un vernis dâempathie, alors quâil sâagit dâune machine qui, Ă partir dâune analyse trĂšs froide, fabrique du langage. Attention, pour autant, Ă ne pas prendre les ados pour des naĂŻfs sans esprit critique. Face aux IA, ils Ă©laborent des stratĂ©gies de limitation des risques, comme ils le font sur les rĂ©seaux sociaux. Le danger nâest donc pas tant lâoutil que ce quâil rĂ©vĂšle : notre incapacitĂ©, comme adultes, Ă les Ă©couter.
Alors on fait quoi ? On interdit ?
Surtout ne pas se contenter dâinterdire. Le seul moment oĂč lâon interroge les jeunes, câest pour leur lancer un âça ne va pas ?â, jamais pour leur demander quelles solutions, eux, imaginent. Il faut analyser le besoin avant de dĂ©noncer lâeffet. Sinon, on retombe dans le rĂ©flexe coercitif (on interdit tout et tout ira mieux) qui ne rĂ©glera rien. MĂ©fions-nous aussi du discours surplombant, un brin classiste, qui explique Ă toute une gĂ©nĂ©ration que câĂ©tait mieux avant. Pour une partie de la jeunesse, ces outils restent une promesse dâĂ©mancipation. Le vrai chantier, câest de refaire de la place Ă la parole de la jeunesse.
Le prompt
Câest le genre de cas oĂč lâIA peut vraiment ĂȘtre un outil dâapprentissage. Ces prompts trouvĂ©s sur Reddit transforment votre LLM en une aide active Ă la mĂ©morisation, pour sâassurer que ce que vous avez lu va vraiment sâimprimer dans votre cerveau. Tout ça grĂące Ă une mĂ©thode Ă©prouvĂ©e.
Signal faible
LâIA va voler NOTRE job
Le contexte âĄïž Chez les journalistes, on se rassure comme on peut : lâIA pond du texte, du code et des images, mais un vrai long format interactif, façon New York Times , ça resterait hors de portĂ©e dâune machine.
Le signal âĄïž RatĂ©. Des chercheurs dâOxford et de Stanford ont montĂ© une rĂ©daction virtuelle dâagents IA : un enquĂȘteur, un analyste, un graphiste, un maquettiste. Ensemble, ils pondent des articles fouillĂ©s qui ont le goĂ»t, le visuel et la texture dâune enquĂȘte du New York Times : un long texte incluant des cartes, des graphiques animĂ©s, dans un cadre trĂšs lĂ©chĂ©. Soumis en aveugle Ă 53 lecteurs face Ă de vrais articles, dont ceux de The Economist , les articles made in AI lâont emportĂ© 74 % du temps.
Lâanalyse âĄïž Amis journalistes, ne rendez pas tout de suite votre tablier : lâIA a tout dâune enquĂȘte, sauf le fond. Certes, elle a rĂ©ussi lâaspect âproductionâ du mĂ©tier : analyser des donnĂ©es, les structurer, produire une page interactive. Elle produit mĂȘme un texte mieux sourcĂ© que le nĂŽtre. Mais ça ne veut pas dire quâil est meilleur, ou plus juste. Mise en face de donnĂ©es, lâIA ne trouve pas les histoires comme un professionnel saurait le faire. Dans son article sur les objets cassĂ©s apportĂ©s dans des ârepair cafĂ©sâ, lâIA a classĂ© ce qui se rĂ©pare et ce qui finit Ă la poubelle. Mais la question (essentielle) de lâobsolescence programmĂ©e qui sous-tend ce tri nâest pas abordĂ©e.
Lâutopie âĄïž 2028 : les rĂ©dactions confient Ă lâIA les graphes, les tableurs et le code, et rendent aux journalistes ce quâaucune machine ne sait faire : aller sur le terrain, dĂ©nicher le sujet qui compte, poser la question qui dĂ©range. Le gain de productivitĂ© libĂšre du temps au lieu de supprimer des postes. On a le droit de rĂȘver.
Vu ailleurs
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Si vous ne connaissez pas encore Cory Doctorow, excellent penseur de lâinternet et de son âemmerdificationâ, il est temps de vous mettre Ă la page avec cette interview (Ars Technica)
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Comment PĂ©kin a construit son Ă©cosystĂšme dâinnovation dans lâIA (Le Monde)
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Des nouvelles rĂ©jouissantes du lobby des data centers, qui nâa pas froid aux yeux pour faire des propositions scandaleuses (LibĂ©ration)
Ă la prochaine!
Grégory & Matthieu
[đ§ Contenu rĂ©dactionnel garanti 0% IA, 100% neurones humains ]

